
Malgré un environnement très compétitif sur l’ensemble de ses opérations, Orange s’est réjoui de l’atteinte de ses objectifs pour 2025. Le groupe est surtout parvenu à maîtriser ses investissements, réussissant à augmenter sa clientèle et à maintenir un niveau de consommation soutenu, ce qui a positivement impacté ses revenus.
La société souligne aussi la stabilité de ses engagements d’investissements (eCAPEX), à 6,208 milliards d’euros (légère baisse de 0,4%), conformément à son objectif de discipline. Elle a investi sans dérapage, tout en améliorant la performance opérationnelle, l’entretien et l’extension des réseaux qui soutiennent de nouveaux services.
Derrière ces chiffres, un moteur se démarque : la zone Afrique et Moyen-Orient, qui a enregistré un onzième trimestre consécutif de croissance à deux chiffres, selon Christel Heydemann, la Directrice générale du groupe Orange. Dans cette région qui a contribué à près de 21% du chiffre d’affaires (8,427 milliards d’euros), l’entreprise a enregistré une croissance des revenus de 12,2% sur l’année, soit 918 millions d’euros supplémentaires. L’EBITDAaL y a progressé de 13,9%, révélant une expansion qui ne se limite pas à l’acquisition de clients, mais se traduit aussi par une consolidation de la rentabilité.
Data mobile et Mobile Money, les services phares
Le groupe explique cette trajectoire par « quatre moteurs » complémentaires. Le premier est la data mobile, dont les revenus progressent de 18,6% : l’explosion des usages – vidéo, réseaux sociaux, services numériques – continue de faire de l’internet mobile un produit central, sur des marchés où la demande reste élevée. La base de clients mobile a atteint les 174 millions, en hausse de 7,9% sur un an, avec une accélération de la croissance de la base de clients Mobile 4G (+17,3%). Deuxième pilier : le fixe haut débit, en hausse de 18,4%, qui illustre l’essor des besoins en connectivité à domicile et en entreprise.
Le troisième moteur stratégique est Orange Money (+18%). Le paiement mobile s’impose comme une activité à part entière, au croisement des télécoms et des services financiers, facilitant transferts d’argent, paiements du quotidien et inclusion financière. Enfin, l’activité B2B progresse de 10,4%, portée par la demande des entreprises et des administrations en solutions de connectivité, de sécurité et de services numériques. Ensemble, ces leviers diversifient les revenus et renforcent la résilience d’Orange.
Ces marchés offrent aussi des marges de progression et un terrain propice au déploiement de services numériques. La croissance à deux chiffres compense la pression concurrentielle actuelle sur le marché européen, surtout en France où celle-ci pèse sur les prix. En s’appuyant sur des relais de croissance structurels (données, haut débit, mobile money, services aux entreprises, etc.), le groupe consolide son profil international et se positionne sur des marchés encore en phase d’équipement, où l’augmentation du taux de pénétration numérique reste un levier majeur.
Maintenir ce rythme, dans des environnements parfois exposés aux fluctuations de change, à la régulation et à l’intensification de la concurrence, reste toutefois un défi majeur. Mais au regard du potentiel latent de l’Afrique, qui affiche encore un faible accès des populations aux services télécoms à haut débit ainsi qu’aux opportunités portées par le numérique, le continent se présente encore pour longtemps comme l’un des principaux pôles de la croissance d’Orange.
Muriel EDJO, Agence Ecofin
