Journée de l’Afrique centrale 2026 : le patrimoine au cœur des enjeux de développement

Paris, 28 avril 2026 —  Une conférence consacrée à la valorisation du patrimoine de la région s’est tenue autour d’un objectif stratégique : renforcer la présence de l’Afrique centrale sur la Liste du patrimoine mondial.

Intitulée « Valorisation du patrimoine de l’Afrique centrale pour favoriser son inscription sur la Liste du patrimoine mondial », la rencontre a réuni diplomates, experts et décideurs internationaux. Elle était animée par Lady Pauline M’PONGO, diplomate à la Délégation permanente de la République démocratique du Congo, en qualité de maîtresse de cérémonie et modératrice.

Une sous-représentation persistante malgré un potentiel exceptionnel

Au cœur des échanges, un constat partagé : l’Afrique centrale reste encore marginalement représentée au patrimoine mondial. La région ne compte qu’une quinzaine de sites inscrits, dont plusieurs figurent sur la liste du patrimoine en péril, malgré une richesse culturelle et naturelle considérable.

Selon Lazare Eloundou Assomo, directeur du patrimoine mondial à l’UNESCO, la valorisation du patrimoine de la région constitue désormais une priorité. Il a insisté sur la nécessité de renforcer les capacités des États et d’accélérer les procédures d’inscription.

Cap sur 2029 : renforcer la présence africaine

Les participants ont affiché une ambition claire : améliorer significativement la représentation de l’Afrique centrale à l’horizon 2029. Un objectif rendu possible par la dynamique engagée à la suite de l’accord signé en juin 2026 entre l’UNESCO et l’Union africaine, qui place la valorisation du patrimoine au cœur des priorités continentales.

Plusieurs axes d’action ont été identifiés :

  • le renforcement des capacités techniques et institutionnelles
  • la structuration de la coopération régionale et internationale
  • la mobilisation de financements adaptés
  • la reconnaissance du patrimoine comme levier de développement économique et touristique

Des défis sécuritaires persistants et une mobilisation diplomatique et institutionnelle

La question de la protection du patrimoine en zones de crise a également été abordée. Dans des régions fragiles comme le Nord-Kivu, la sauvegarde des sites et des savoirs culturels devient un enjeu d’urgence, nécessitant des mécanismes d’intervention spécifiques.

La conférence a également été marquée par la participation de Khaled El-Enany, directeur général de l’UNESCO depuis novembre 2025, ainsi que de plusieurs représentants africains engagés sur ces enjeux, dont Maria Candida Teixeira (Angola), Henri Ossébi (République du Congo) et Emile Ngoy Kassongo (RDC).

Ces échanges témoignent d’une volonté croissante de coordination entre États africains pour porter une vision commune du patrimoine comme levier d’influence et de développement.

Un enjeu d’avenir

Au-delà de la dimension mémorielle, le patrimoine apparaît comme un outil stratégique pour l’attractivité, le tourisme et la cohésion sociale. Les participants ont souligné la nécessité de mieux faire connaître ces richesses, notamment grâce aux médias et aux nouvelles technologies.

La Journée de l’Afrique centrale 2026 s’inscrit ainsi dans une dynamique plus large : faire du patrimoine un moteur de développement durable et de rayonnement international pour la région.

Une ambition affirmée : révéler et valoriser un patrimoine encore trop méconnu, au service de l’avenir de l’Afrique centrale.

La Rédaction
@AAFC
mm
A propos CARMEN FEVILIYE 948 Articles
Juriste d’affaires Ohada / Journaliste-Communicant/ Secrétaire Générale de l'Union de la Presse Francophone - UPF section France