Football gabonais en crise : ingérence politique après l’élimination à la CAN

Les Panthères du Gabon sur le terrain la CAN 2025 au Maroc@Nurphoto via AFP Ulrich Perdersen
Les Panthères du Gabon sur le terrain de la CAN 2025 au Maroc@Nurphoto via AFP Ulrich Perdersen

La suspension des Panthères par le gouvernement gabonais relance le débat sur l’immixtion politique et les règles de la Fédération Internationale de Football Association.

La défaite du pays a provoqué une onde de choc au sein de l’opinion publique gabonaise. Au-delà de la déception sportive, la décision du gouvernement de sanctionner certaines Panthères suscite une vive controverse, ravivant le débat sensible de l’ingérence politique dans le football, une pratique strictement encadrée voire interdite par la FIFA.

Après une campagne jugée insuffisante et des performances en-deçà des attentes, la sortie prématurée des Panthères du Gabon de la compétition ( 3-2 contre le Mozambique le 28 décembre 2025) a déclenché la colère des autorités.

Pierre-Emerick Aubameyang et Bruno Ecuele Manga exclus

Lors d’une courte allocution télévisée le 31 décembre 2025, Simplice-Désiré Mamboula, ministre gabonais par intérim de la Jeunesse et des Sports avait annoncé la suspension de l’équipe nationale, la dissolution du staff technique et l’exclusion de deux joueurs clés, Pierre-Emerick Aubameyang et Bruno Ecuele Manga. Cette  sanction à l’encontre des joueurs est justifiée par un manque de discipline, de professionnalisme et d’engagement envers la nation.

Une limite à ne pas franchir

Cette décision a posé un sérieux problème de gouvernance sportive, car les  articles 15 et 19  des statuts de la FIFA disposent que les fédérations doivent respecter les principes de bonne gouvernance, d’indépendance et de non ingérence politique. Toute intervention directe ou indirecte de l’État peut constituer une violation exposant les organisations sportives à des sanctions allant jusqu’à la suspension des compétitions internationales.

Beaucoup d’observateurs jugent que les joueurs ne sont pas seuls responsables de l’échec sportif. La préparation, l’encadrement technique, la gestion de la fédération et les choix stratégiques relèvent avant tout des instances sportives compétentes.

Les joueurs ne sont pas seuls responsables

En s’attaquant directement à ses footballeurs, le gouvernement donne l’impression de se substituer à la Fédération Gabonaise de Football (FEGAFOOT), ce qui pourrait être interprété par la FIFA comme une violation de ses principes fondamentaux.

Sport africain : lorsque la politique sort le carton rouge

Au-delà du cas gabonais, cet épisode illustre un problème récurrent en Afrique : la confusion entre autorité politique et gestion sportive. Si la passion du football justifie l’implication morale de l’État, celle-ci doit rester dans un cadre légal et institutionnel précis afin de préserver l’autonomie des fédérations et l’avenir des sélections nationales.

L’élimination du Gabon à la CAN devrait être l’occasion d’une introspection profonde et d’une réforme structurelle du football national, plutôt qu’un règlement de comptes politique. À défaut, le pays risque de payer un prix bien plus élevé que celui d’une simple défaite sportive

Audrey-Aurore Nguanza pour AAFC

mm
A propos CARMEN FEVILIYE 921 Articles
Juriste d’affaires Ohada / Journaliste-Communicant/ Secrétaire Générale de l'Union de la Presse Francophone - UPF section France