Environnement – Le Fonds Bleu du Bassin du Congo devient opérationnel : Nairobi marque un tournant historique pour la diplomatie climatique africaine

Réunis à Nairobi le 12 mai 2026, les chefs d’État et de gouvernement de la Commission Climat du Bassin du Congo (CCBC) ont franchi une étape décisive dans l’architecture financière de la lutte contre le changement climatique en Afrique.

À l’occasion du 4ᵉ Sommet de la CCBC et du Fonds Bleu pour le Bassin du Congo, les dirigeants africains ont officiellement acté l’opérationnalisation du Fonds Bleu, présenté comme le futur instrument stratégique de financement des projets environnementaux et de développement durable dans le Bassin du Congo. Co-présidé par Denis Sassou N’Guesso, du Congo et William Ruto du Kenya, le sommet a rassemblé plusieurs dirigeants et représentants de haut niveau africains, parmi lesquels Aziz Akhannouch représentant le Roi Mohammed VI, ainsi que Azali Assoumani.
Au-delà de la symbolique diplomatique, la rencontre de Nairobi consacre surtout l’aboutissement d’un long processus institutionnel. Les États membres ont adopté les textes réglementaires encadrant les principaux organes de gouvernance du Fonds Bleu : Assemblée des Financeurs, Conseil d’Administration, Comité Exécutif, Comité d’Investissement, Secrétariat Permanent et Comité Technique.

Rassurer  bailleurs internationaux et investisseurs sur la crédibilité du mécanisme financier africain

Dans un contexte où les financements climatiques restent largement insuffisants pour le continent, l’Afrique cherche désormais à parler d’une seule voix et à bâtir ses propres instruments de financement.
Les Chefs d’État ont également validé un portefeuille de près de 70 projets prioritaires évalués à plus de 6 milliards de dollars américains. Ces projets seront présentés lors de la première Table ronde des bailleurs de fonds prévue à Brazzaville le 26 mai 2026, en marge des Assemblées annuelles de la Banque africaine de développement.
Cette rencontre diplomatique intervient dans un moment charnière pour la gouvernance climatique mondiale. Alors que les pays africains réclament davantage de justice climatique et un accès plus équitable aux financements verts, le Bassin du Congo apparaît de plus en plus comme un actif stratégique mondial. Deuxième massif forestier tropical de la planète après l’Amazonie, il joue un rôle essentiel dans l’absorption du carbone et la préservation de la biodiversité mondiale.
En déclarant le Fonds Bleu “désormais opérationnel”, les dirigeants africains veulent démontrer que la protection du Bassin du Congo ne peut plus reposer uniquement sur des promesses internationales, mais doit s’appuyer sur une architecture financière africaine autonome et durable. Le communiqué final va jusqu’à qualifier le 12 mai 2026 de “date à inscrire en lettres d’or dans les annales du continent africain”, faisant du Centre international de conférences Kenyatta de Nairobi le lieu du lancement effectif de cet instrument financier continental.
Au-delà des annonces, le véritable défi commence désormais : convaincre les partenaires techniques et financiers de mobiliser massivement des ressources pour transformer cette ambition politique en résultats concrets pour les populations et les écosystèmes du Bassin du Congo.
Carmen Féviliyé
mm
A propos CARMEN FEVILIYE 953 Articles
Juriste d’affaires Ohada / Journaliste-Communicant/ Secrétaire Générale de l'Union de la Presse Francophone - UPF section France