Centrafrique : la plateforme DÛNÎA et la réforme de la fiscalité de l’or, deux leviers pour moderniser l’économie

L'or de Centragrique@aBangui.com
L’or de Centragrique@aBangui.com

La République centrafricaine engage deux initiatives importantes pour améliorer la gestion publique et renforcer ses ressources économiques. D’un côté, le lancement de la plateforme numérique DÛNÎA, destinée à moderniser l’administration. De l’autre, une réforme de la fiscalité de l’or afin d’augmenter les recettes de l’État. Ces mesures s’inscrivent dans une volonté plus large : mieux organiser l’action publique et valoriser les ressources naturelles du pays.

Une plateforme numérique pour moderniser l’administration officiellement lancé le 23 février à Bangui par le ministère de l’Économie, du Plan et de la Coopération Internationale. Développée par l’entreprise nationale EDEN TiiT, cette plateforme constitue le premier dispositif de numérisation des services publics en Centrafrique.

Son objectif est simple : rendre l’administration plus efficace et plus transparente. Concrètement, la plateforme permettra de numériser certaines démarches administratives, de suivre plus facilement les projets publics et d’améliorer la traçabilité des décisions et des financements.

L’un des éléments clés du dispositif est la création d’un registre centralisé des projets, du gouvernement, des programmes financés par les partanaires internationaux et projets humnaitaires. Cette base de données devrait permettre une meilleure coordination entre les acteurs et éviter les doublons.

La plateforme DÛNÎA  est un outil du Plan national de développement 2024-2028. Elle va mettre en œuvre le programme national en centralisant les informations sur les projets et les financements. Ce qui permettra au pays de mieux prioriser les investissements, d’allouer les ressources plus efficacement et de suivre  l’avancement des programmes. Pour les partenaires techniques et financiers, cette visibilité peut aussi renforcer la confiance dans la gestion des projets.

L’or au cœur d’une réforme fiscale

Parallèlement à cette modernisation administrative, le gouvernement centrafricain a décidé de réviser la base de taxation de l’or. Le 18 février , la valeur mercuriale du gramme d’or – c’est-à-dire la valeur de référence utilisée pour calculer les taxes – a été relevée. Elle passe de 30 000 FCFA à 50 000 FCFA par gramme. Cette augmentation représente une hausse d’environ 66 %. La taxe à l’exportation reste, quant à elle, fixée à 2,25 %.

Cette réforme vise principalement à adapter la fiscalité à la hausse des cours mondiaux de l’or. Depuis la fin de l’année 2025, le prix du gramme d’or sur les marchés internationaux se situe autour de 98 000 FCFA. Avec une base fiscale fixée à 30 000 FCFA, l’État ne captait donc qu’une part limitée de la valeur réelle du métal.

En relevant cette base, le gouvernement cherche à augmenter les recettes publiques, mieux capter la richesse issue de l’or et renforcer la transparence du secteur.

Un secteur dominé par l’exploitation artisanale

En Centrafrique, l’or est principalement exploité de manière artisanale. Plusieurs zones minières jouent un rôle important, notamment  Boda, Nola et Bambari.Dans ces régions, l’exploitation aurifère constitue souvent une activité économique essentielle pour les populations locales.

Mais la contrebande, la faible traçabilité de la production et les recettes fscales limitées ppour l’Etat restent des défis à relever pour le pays. La réforme fiscale vise donc aussi à améliorer la gouvernance du secteur minier.

Carmen Féviliyé

mm
A propos CARMEN FEVILIYE 944 Articles
Juriste d’affaires Ohada / Journaliste-Communicant/ Secrétaire Générale de l'Union de la Presse Francophone - UPF section France