Le recours récent aux eurobonds a permis d’améliorer temporairement la trésorerie de l’État et d’éviter des tensions immédiates. Mais pour l’agence, les fragilités demeurent : un niveau d’endettement encore important, une forte dépendance aux recettes pétrolières ainsi qu’une une marge budgétaire limitée en cas de choc externe.
Pour les investisseurs, la trajectoire budgétaire et la gestion rigoureuse de la dette seront déterminantes pour espérer une amélioration de la notation dans les prochaines années.
Zéro tarif avec la Chine : un levier pour diversifier l’économie
Sur le plan commercial, le Congo cherche à élargir ses débouchés. Cinq accords ont été signés avec des partenaires chinois dans le cadre du dispositif de “zéro tarif” accordé par la Chine. Sous la supervision du ministre Denis Christel Sassou Nguesso et de l’ambassadeur chargé de la coopération sino-africaine, Liu Yuxi, ces accords ouvrent davantage le marché chinois à des produits congolais comme le Poria cocos, l’arachide, le sel de potassium et le cacao.
L’objectif pour le pays est de réduire la dépendance aux hydrocarbures et de renforcer les exportations agricoles et minières.
Pour le climat des affaires, cet accès préférentiel au marché chinois représente une opportunité, à condition que les filières locales puissent monter en qualité et en volume.


Fonction publique : vers plus de transparence budgétaire
Le gouvernement a également lancé une réforme digitale pour assainir le fichier solde de la fonction publique.
Cette modernisation và trois niveaux : fiabiliser les données des agents publics ; réduire les irrégularités ; mieux maîtriser la masse salariale.
Dans un contexte de contraintes budgétaires, la maîtrise des dépenses publiques est attendu comme un signal important pour les partenaires financiers internationaux. Une gestion plus transparente renforce la crédibilité de l’État et améliore la prévisibilité du cadre macroéconomique.
Production pétrolière : Petronor accélère à Tchibouela
Du côté du secteur énergétique, la société Petronor a porté sa production à environ 5 000 barils par jour sur le champ de Tchibouela. Cette montée en puissance contribue à soutenir les recettes pétrolières, toujours essentielles pour l’économie congolaise. Elle s’inscrit dans une stratégie d’optimisation des champs matures et de stabilisation des investissements. Toutefois, cette dynamique confirme aussi la dépendance persistante du pays aux hydrocarbures, un facteur régulièrement pointé par les agences de notation.
Le Congo tente de consolider son économie, à gérer un équilibre à construire entre ouverture commerciale, réforme administrative et soutien à la production pétrolière. Mais le défi reste majeur : rassurer durablement les marchés en améliorant la gestion de la dette, en diversifiant les sources de revenus et en renforçant la transparence budgétaire.
Pour le climat des affaires, la stabilité macroéconomique et la capacité à transformer ces annonces en résultats concrets seront les véritables indicateurs à surveiller.
Carmen Féviliyé