La CEMAC frappe fort : plus de bois brut exporté hors du Bassin du Congo

Un objectif de transformation locale  pour la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale a mis fin à l’exportation .

Depuis plusieurs années, la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) explore des mesures pour réformer la gestion de la filière bois dans le Bassin du Congo, l’un des plus grands ensembles forestiers tropicaux au monde. Une des principales orientations a été la réduction progressive des exportations de bois non transformé (grumes), afin d’encourager la transformation locale et la création de valeur ajoutée dans la région.

Dès 2020, lors d’une réunion des ministres en charge des Forêts, de l’Industrie et de l’Environnement des pays de la CEMAC (Cameroun, Congo, Gabon, Tchad, Guinée équatoriale, République centrafricaine) et de la République démocratique du Congo, une décision a été adoptée visant à interdire l’exportation du bois sous forme de grumes à partir du 1ᵉʳ janvier 2022. Cette mesure était conçue pour favoriser le développement des industries locales de transformation du bois, stimuler l’emploi et augmenter la contribution du secteur au produit intérieur brut des pays concernés.

Il ya eu des Différents reports et ajustements. En effet,La mise en œuvre de cette interdiction n’a toutefois pas été linéaire. Initialement prévue pour 2022, son entrée en vigueur a été repoussée à plusieurs reprises, notamment à janvier 2023 pour permettre aux États membres de se préparer aux transformations nécessaires dans leurs filières industrielles.

Décision actuelle : une entrée en vigueur en 2028

Selon une décision récente du Conseil des ministres de l’Union économique de l’Afrique centrale, prise le 23 février 2024 à Bangui (République centrafricaine), les États membres de la CEMAC ainsi que la République démocratique du Congo se sont engagés à interdire complètement l’exportation de bois sous forme de grumes à compter du 1ᵉʳ janvier 2028. Dans une phase transitoire, chaque pays est appelé à prendre des mesures progressives dès le 1ᵉʳ janvier 2025 pour préparer cette interdiction définitive.

Cette approche graduelle vise à donner le temps nécessaire aux acteurs économiques et industriels d’effectuer les ajustements requis, tout en renforçant les capacités locales de transformation.

Qu’en est-il des exeptions et du commerce intra-régional ? Dans le cadre de cette décision, les exportations sous forme de grumes restent autorisées entre les pays de la CEMAC et la République démocratique du Congo, afin de favoriser les échanges industriels transfrontaliers et soutenir des chaînes de valeur communes. Cela vise à encourager la coopération régionale pour la transformation du bois.

Objectifs et enjeux

L’interdiction programmée des exportations de grumes s’inscrit dans une stratégie régionale plus large d’industrialisation durable du secteur forestier. Elle répond à plusieurs objectifs :

  • Renforcer la transformation locale du bois et encourager la création d’industries de sciage, de placage et de produits dérivés ;

  • Générer davantage de valeur ajoutée et d’emplois locaux ;

  • Réduire la dépendance aux exportations de matières premières brutes ;

  • Améliorer les recettes fiscales et fiscales forestières dans chaque pays.

Cependant, cette transition n’est pas sans défis. Certains gouvernements et opérateurs économiques craignent une baisse des recettes fiscales à court terme et un besoin d’investissements significatifs pour développer les capacités industrielles nécessaires.

La Rédaction

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A propos CARMEN FEVILIYE 920 Articles
Juriste d’affaires Ohada / Journaliste-Communicant/ Secrétaire Générale de l'Union de la Presse Francophone - UPF section France