
Quête d’hégémonie. “Disposer d’une majorité suffisante pour gouverner avec une grande latitude et réduire la dépendance à l’égard des autres formations.” L’objectif du Mouvement cœurs unis (MCU), le parti au pouvoir, est clair “à l’approche du second tour des législatives, qui aura lieu le 5 avril. Le MCU a déjà remporté plusieurs sièges dès le premier tour, le 28 décembre dernier, confortant la stratégie de Faustin-Archange Touadéra, le chef de l’État”, explique Pacôme Pabandji, le correspondant de Jeune Afrique à Bangui.
Des alliés au pouvoir diminués. Le Mouvement national des indépendants (Mouni), de Thierry Kamach, ne compterait plus qu’une poignée de députés. Même constat pour Kelemba, la formation d’Aurélien Simplice Zingas, dont les résultats restent en deçà des attentes. “Dans un système où la formation d’un gouvernement repose encore sur une logique de coalition élargie, ces partis demeurent pourtant des acteurs clés, notamment pour la répartition des portefeuilles ministériels”, analyse le journaliste.
La question des alliances régionales. Des victoires dans le Nord, longtemps considéré comme une zone échappant au contrôle des gouvernements successifs, mais aussi dans l’Ouest et le Nord-Ouest constituent un enjeu majeur. “La logique d’alliances apparaît comme un impératif pour le pouvoir s’il veut consolider ses positions dans des zones politiquement sensibles. Mais le camp présidentiel opte pour une stratégie offensive : conquérir par lui-même un maximum de sièges au Parlement. Ce qui pourrait paradoxalement le desservir si des alliés frustrés venaient à se révolter”, note Pacôme Pabandji.
La formation du prochain gouvernement sera un test grandeur nature de la volonté du président de faire cavalier seul.
Jeune Afrique
