L’encours des valeurs du Trésor augmente de 26 % sur un an fin janvier 2026
Les États de la CEMAC ont levé 9 451 milliards FCFA (environ 16,9 milliards USD) sur le marché régional au 31 janvier 2026.
Cela représente 12,2 % de la richesse produite dans la sous-région, et une hausse de 26 % en un an.
En clair, les pays d’Afrique centrale empruntent davantage sur le marché régional pour financer leurs besoins.
La majorité de cette dette est constituée d’obligations à moyen et long terme (82,9 %), le reste étant des emprunts à court terme (17,1 %).
Le Gabon et le Congo concentrent à eux seuls 60 % des montants empruntés, tandis que le Cameroun représente près de 20 %. Le Tchad, la RCA et la Guinée équatoriale complètent le tableau.
Autre signal important : les investisseurs répondent davantage aux appels d’offres des États. Le taux de souscription est passé de 60 % à près de 72 % en un an.
Cependant, emprunter coûte plus cher : le taux moyen est passé de 7,7 % à 8,78 % en un an.
Concrètement, cela signifie que les États trouvent plus facilement des financements sur le marché régional, mais à un coût plus élevé. Un équilibre délicat entre accès aux ressources et soutenabilité de la dette.
Marché carbone : vers une monétisation des forêts du bassin du Congo
Les six pays du bassin du Congo — Cameroun, République centrafricaine, République démocratique du Congo, Guinée équatoriale, Gabon et République du Congo — ont adopté, avec le soutien de la Banque mondiale, des plans stratégiques pour mieux valoriser leurs forêts.
Objectif : transformer le potentiel environnemental du bassin du Congo — premier puits de carbone net au monde — en ressources financières grâce aux marchés carbone et aux mécanismes de financement climatique.
Concrètement, ces feuilles de route visent à :
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adapter les lois nationales aux exigences de l’Accord de Paris ;
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améliorer les systèmes de mesure et de contrôle des émissions de carbone ;
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clarifier le cadre juridique et fiscal des crédits carbone ;
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attirer des investisseurs privés, tout en bénéficiant aux communautés locales.
Certains pays, comme le Gabon et la République du Congo, ont déjà lancé des projets pilotes.
D’autres, comme la Guinée équatoriale et la République centrafricaine, sont encore en phase d’organisation.
La RDC et le Cameroun disposent, quant à eux, d’un fort potentiel pour faire des marchés carbone un levier d’investissement, de création d’emplois et de résilience économique.
Les enjeux financiers sont considérables. En 2020, la valeur totale des services rendus par les forêts du bassin du Congo était estimée à 1 152 milliards de dollars, dont 99 % liés à la capture du carbone.
Pourtant, seulement 7,8 milliards de dollars étaient réellement intégrés dans les économies nationales.
En clair, le bassin du Congo stocke environ 90,9 milliards de tonnes de carbone, mais cette richesse environnementale reste encore très peu transformée en revenus économiques.
Le défi est donc majeur : mieux valoriser ce capital naturel pour en faire un moteur de développement durable.
La Rédaction
Source: Bercy
