
Le Groupe de la Banque africaine de développement présentera son « Initiative Diaspora », destinée à mobiliser davantage les financements, les compétences et les réseaux des Africains de l’étranger, au service de la transformation du continent. Une rencontre de haut niveau le 9 novembre, aux Salons Hoche, à Paris.
Placée sous le thème « Mobiliser le capital de la Diaspora pour la prospérité et la transformation de l’Afrique : un accélérateur des Quatre Points cardinaux et un catalyseur de la Nouvelle architecture financière africaine pour le développement (NAFAD) », la BAD entend élargir la place des diasporas dans les stratégies de développement du continent. Si les transferts de fonds constituent déjà une contribution majeure aux économies africaines et au soutien des ménages, l’institution souhaite désormais valoriser d’autres formes de participation : investissements productifs, création d’entreprises, transfert de compétences, innovation et mobilisation de réseaux professionnels et économiques.
Le président du Groupe de la BAD, le Dr Sidi Ould Tah, des responsables politiques, des représentants d’institutions africaines et internationales, des investisseurs, des entrepreneurs ainsi que des leaders de la diaspora africaine, sont attendus. Il sera question de renforcer les passerelles entre les diasporas, les institutions publiques, les acteurs financiers et les entreprises présentes sur le continent. Les conditions nécessaires pour encourager l’investissement des Africains de l’étranger – environnement des affaires, sécurité juridique, accès à l’information, dispositifs d’accompagnement et mécanismes de financement adaptés – seront également à la table des échanges.
La NAFAD, un nouveau modèle de financement pour la transformation du continent
« L’Initiative Diaspora » s’inscrit dans la vision des « Quatre Points cardinaux » de la BAD et dans les objectifs de la Nouvelle architecture financière africaine pour le développement (NAFAD) : mobiliser davantage les ressources africaines et renforcer la capacité du continent à financer ses propres priorités de développement. Dans cette perspective, le capital des diasporas ne se limite pas à une ressource financière supplémentaire. Il représente également un potentiel d’expertise, d’accès aux marchés internationaux, de partenariats technologiques et de mise en relation avec des investisseurs.
Pour les économies africaines, l’enjeu consiste à créer les conditions permettant de canaliser ces ressources vers des projets viables, créateurs de valeur et de retombées économiques et sociales durables.
La mise en œuvre de l’Appel de Brazzaville
La rencontre parisienne s’inscrit dans le prolongement de l’Appel de Brazzaville, lancé à l’occasion des 61emes Assemblées annuelles 2026 de la BAD du 25 au 29 mai dans la capitale congolaise, qui avait pour thème « Mobiliser les ressources à grande échelle pour le financement du développement de l’Afrique dans un monde fragmenté ». L’institution bancaire africaine franchit donc une nouvelle étape : passer des paroles à l’action, passer des déclarations d’intentions à des mécanismes opérationnels de mobilisation du capital diasporique.
Les discussions porteront notamment sur les opportunités d’investissement, les partenariats institutionnels et financiers ainsi que les dispositifs permettant de convertir les ressources de la diaspora en projets concrets à fort impact économique et social. Quelle sera la portée de cette initiative ? La réponse dépendra de sa capacité à déboucher sur des instruments accessibles, des projets identifiés, des partenariats durables entre les investisseurs de la diaspora et les économies africaines.
Pour l’Afrique centrale, où les diasporas constituent un réseau important de compétences, d’entrepreneurs et de relais économiques à l’international, cette démarche ouvre également des perspectives pour contribuer à renforcer les investissements productifs, accompagner les entreprises locales, faciliter les transferts de savoir-faire et soutenir les projets dans les secteurs prioritaires.
À Paris, la BAD entend donc faire de la diaspora africaine un partenaire stratégique sur le financement du développement africain. Le véritable enjeu restera de faire de cette mobilisation une dynamique d’investissement durable, mesurable et directement bénéfique aux économies du continent.
Carmen Féviliyé
