Sommet international de l’Espace : l’Afrique s’invite dans la course aux étoiles

Siège de l'Agence spatiale africaine en Egypte
Siège de l’Agence spatiale africaine en Egypte

De la création de l’Agence spatiale africaine (AfSA, ou African Space Agency) l’AfSA à la rencontre à Paris, l‘Afrique n’entend plus être une simple spectatrice du marché spatial mondial.

Porté par une volonté de souveraineté technologique, le continent structure à vitesse grand V son écosystème orbital. Ce virage stratégique a été mis en lumière de façon spectaculaire lors du tout premier Sommet international sur l’espace, qui s’est tenu au Grand Palais à Paris les 9 et 10 septembre 2026. Organisé à l’initiative d’Emmanuel Macron, cet événement majeur a rassemblé plus de 120 délégations étrangères, incluant des chefs d’État africains de premier plan bien décidés à briser le risque de « colonialisme orbital ».

L’harmonisation visée par l’Agence spatiale africaine (AfSA) s’appuie sur les infrastructures de quatre pays pionniers, qui disposent chacun d’orientations et de programmes technologiques très avancés :
1. Égypte : Le hub de l’AfSA et la haute technologie
L’Égypte, qui héberge le siège de l’AfSA au Nouveau Caire, axe son programme via l’Egyptian Space Agency (EgSA) autour de la création d’un écosystème régional complet
    • Satellites clés : Le fleuron MisrSat-2 (développé en partenariat avec la Chine et opérationnel pour l’imagerie haute résolution) et le satellite expérimental NEXSAT-1. 
    • Infrastructures et Éducation : L’Égypte s’est dotée d’un immense pôle, la Cité spatiale égyptienne, et a récemment lancé l’Egyptian Space Academy en mars 2026. Elle y pilote un Programme annuel de formation africain pour diffuser les compétences en ingénierie satellitaire à travers tout le continent. 

2. Afrique du Sud : Science spatiale et observation environnementale
La South African National Space Agency (SANSA) est l’un des piliers scientifiques les plus robustes du continent, structuré en quatre grands programmes 
    • Météorologie et Science : L’Afrique du Sud héberge le centre régional de vigilance de la météo spatiale pour l’Afrique (Space Weather Warning Centre) et gère des infrastructures de recherche majeures s’étendant jusqu’en Antarctique pour étudier le champ magnétique terrestre. [1, 2]
    • Gestion des crises : En juillet 2026, la SANSA a déployé une nouvelle génération d’outils d’observation de la Terre alimentés par satellite destinés spécifiquement à cartographier et gérer en temps réel les crises de l’eau, de la qualité de l’air et les inondations. [1]

3. Nigeria : Sécurité et connectivité des télécoms
Le Nigeria opère son programme via la National Space Research and Development Agency (NASRDA), créée en 1999 
    • Double compétence (Imagerie et Télécoms) : La NASRDA gère à la fois des constellations d’observation de la Terre (NigeriaSat-2, NigeriaSat-X) pour la sécurité et l’agriculture, et des satellites de télécommunications via NigComSat-1R pour le déploiement du haut débit en Afrique de l’Ouest.
    • Modernisation industrielle : L’agence a lancé de grands appels d’offres internationaux pour se doter d’une infrastructure d’Assemblage, Intégration et Test (AIT) de satellites sur son propre sol, ainsi que de nouveaux radars à synthèse d’ouverture (SAR). 

4. Maroc : Souveraineté informationnelle et technologie radar
Le Maroc a développé l’un des programmes de surveillance les plus précis d’Afrique, initialement axé sur la défense et le domaine civil 
  • La constellation Mohammed VI : Les satellites Mohammed VI-A (2017) et Mohammed VI-B (2018) offrent une résolution optique très fine (jusqu’à 50 cm après traitement), utilisés pour le cadastre, le suivi agricole et la surveillance des frontières.
  • Le virage vers le Radar (SAR) : Le Royaume prépare la relève de sa constellation avec un investissement d’un milliard de dollars pour des satellites de nouvelle génération équipés de la technologie radar (SAR). Ces futurs capteurs permettront de s’affranchir de la couverture nuageuse ou des tempêtes de sable pour une surveillance continue, de jour comme de nuit.

Carmen Féviliyé

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A propos CARMEN FEVILIYE 970 Articles
Juriste d’affaires Ohada / Journaliste-Communicant/ Secrétaire Générale de l'Union de la Presse Francophone - UPF section France